La Collégiale à travers le temps

mercredi 21 avril 2010
par Bailly Eric

La collégiale vers 1910

Le cartulaire et le recueil de documents inédits sur la Picardie publié par M. de Beauvillé fournissent sur le monument lui même, à partir du XVIIe siècle d’utiles indications. Le 12 janvier 1613 le jubé tombe. En 1665, un violent incendie cause des ravages irréparables : avec les débris de l’église, on en reconstruit une nouvelle aux frais communs de Philippe de Montigny, seigneur de Longpré, du chapitre et des paroissiens. En 1700, Jean Duval, maçon à Fontaines sur Somme construit la flèche. Un violent ouragan détruit les galeries qui ornaient le pignon, en 1705. Le jour de Pâques 1822, pendant les vêpres, le clocher de droite qui flanquait le portail s’écroule entraînant dans sa chute un pan de muraille. La fabrique en profite pour exécuter des réparations urgentes qui coûtent la somme de 24.000 fr. ; la vente d’une portion de marais sert à trouver la plus grande partie de cette somme. En 1880, M. Deleforterie, architecte élève la flèche en pierre qui fût détruite en juin 1940.

La collégiale irrémédiablement endommagé après les bombardement de juin 1940

   

D’après "La Picardie monumentale et historique" M. Ph Feugère des Forts écrit vers 1900

 

Malgré ces sacrifices, malgré ces réparations incessantes, l’église ne présente aucun caractère architectural ; ses grands murs nus sont percés de larges fenêtres en plein cintre dépourvues de tout style et sa voûte en simple enduit menace ruine. Grâce à son persévérant pasteur qui méditait depuis longtemps de grands travaux d’embellissement, grâce aussi aux dons généreux des habitants de Longpré, l’ancienne collégiale est après 1880 en pleine voie de transformation et de rajeunissement ; une voûte en maçonnerie avec nervures la couvre tout entière et de belles verrières éclairent son abside.

  

 

Collégiale avant 1880

Quelques vestiges de la construction primitive, heureusement respecté lors des grands travaux du XVIIe siècle, permettent de reconstituer le plan de la vieille église, dont le vaisseau central devait avoir la longueur actuelle. La nef flanquée de bas côtés était assez courte et ne comportait que trois travées ; un transept faisait saillie sur les murs extérieurs ; un choeur très développé de quatre travées se raccordait à un abside de cinq travées rayonnantes. On retrouve dans la sacristie deux demi colonnes avec chapiteaux et à l’extérieur de l’église, dans la partie voisine de la sacristie, une autre demi colonne surmontée de son chapiteau. Ces trois fragments engagé dans la maçonnerie correspondent aux divisions actuelles. l’intervalle entre ces trois demi colonnes n’est pas égal, la dernière du côté de l’abside, plus rapprochée de sa voisine que l’autre, rentre légèrement et marque le tournant du déambulatoire. Les massifs contreforts qui flanquent le choeur et qui n’ont pas grande utilité, puisque l’église n’a pas de voûte, enveloppent complètement des demi colonnes disposées sur l’alignement de celles qui sont visibles encore aujourd’hui ; une reprise récente d’un de ces contreforts a permis de s’en rendre compte. Les constructeurs de 1665 ont vraisemblablement conservé aussi par ailleurs les anciennes divisions. Ces demi colonnes recevaient les doubleaux des bas côtés ; leurs chapiteaux d’une exécution soignée se composent de crochets légèrement épanouis se détachant en forte saillie sur la corbeille ; une feuille de chêne sépare chaque crochet. la corbeille, au lieu de prendre la forme circulaire, avance en éperon pour suivre le tracé du tailloir qui présente également cette disposition. Elle se raccorde à celui-ci par un cavet, une baguette et un listel. Un bandeau, un quart de rond et un cavet, tels sont les éléments constitutifs du tailloir, dont cette saillie médiane permet de donner plus d’assiette aux nervures. Cette forme cependant n’est pas d’un usage très répandu. elle se retrouve à plusieurs tailloirs de Saint-Jacques de Compiègne. Quelques arrachements de nervures au profil du XVe siècle se détachent sur l’un des tailloirs.

Une chapelle voûtée qui contenait les reliques et qu’on appelait pour cette raison la trésorerie s’ouvrait sur cette partie des bas côtés. Une armoires de chêne, ornée de peintures et de dorures et fermée de deux grilles aux armes des donateurs Ferry de Cröy et Lamberte de Brimeu renfermait le précieux dépôt. La trésorerie, démolie dans le courant du XIXe siècle pour faire place à la sacristie actuelle passait pour avoir été construite au XVe siècle. Le dessin de Duthoit, publié par M. Gallet est à trop petite échelle pour confirmer ou détruire cette tradition. Remarquons cependant que la construction appartenait à l’époque gothique. deux fenêtres jumelles en tiers point, encadrées d’archivoltes en éclairaient le pignon, dont deux contreforts amortis en bâtière renforçaient les angles.

 

Collégiale vers 1826

La collégiale en reconstruction

 

La collégiale vers 1900, avec le cimetière autour.

 


Commentaires

Navigation

Articles de la rubrique

Météo

Longpre-les-Corps-Saints, France

Conditions météo à 0h0
par weather.com®

Inconnu

°C


Inconnu
  • Vent :  km/h - N/D
  • Pression :  mbar tendance symbole
Prévisions >>


Brèves

Le site de la Mairie

mardi 9 mars 2010

Ne manquez pas de visiter le site de la Mairie de Longpré les Corps Saints. Vous y trouverez toutes les informations utiles concernant le village. Le maire M. Cailleux y fait un travail remarquable.

Sur le Web : Le site de la Mairie